Pascale Vincke

"Elle a quinze ans et provoque l'émotion. En cause : des pastels nourris d'impétuosité et de cette expressivité qui dégage d'un visage l'au-delà des reliefs usuels. (…)"

Extrait de Roger Pierre Turine, Exposition Les portraits de Pascale Vincke,

in La Libre Culture, décembre 1989

 

"Quoi ? … me direz-vous, …s'inspirez des miroirs aux alouettes des magazines ? Trouver son miel dans les territoires de l'artifice publicitaire, dans les reflets froufroutants des rêves couchés sur du papier glacé (ou glacés sur du papier couché, c'est comme vous voulez) ? Transcender la bassesse de l'idiote Mode, prenant sa battue sur elle pour atteindre la hauteur ?… Gageure ! … Utopie ! … Impossible!… Pas français!… Je vous entends déjà vous défier, vous défiler, justifier votre paresse. Ils manquent d'appétit vos yeux repus d'images carrément lumineuses, toujours plus extraordinaires, toujours plus rapides, sur toujours plus de chaînes (qui portent si bien leur nom), qui vous stressent dans vos pantoufles. Gorgés d'extrême, la contemplation n'est plus votre tasse de thé. Mais voyez-vous, il n'est pas question ici d'images normalisées, brillantes superficielles qui suffisent à l'éblouissement de la superficialité. Sur celles-ci Pascale Vincke a posé son œil, puis apposé sa marque."

Extrait, André Stas, 1989

 

Pascale Vincke a fréquenté les ateliers du Créahm Bxl de 1986 à 1998. Parallèlement, elle a sporadiquement suivi les cours du soir de l'Académie des Beaux-Arts de Boisfort en 1988. En 1998, en proie à une période difficile, elle arrête son travail au Créahm.

Personnalité hors du commun, elle possède des compétences graphiques précoces. En effet, dès son arrivée à l'atelier du Créahm Bxl, âgée de 12 ans, elle réalise des œuvres témoignant d'une grande aptitude et d'une maîtrise.

Ses techniques de prédilection sont le pastel (sec et gras ), la lithographie, la linogravure et le crayon. La pratique de la peinture, acrylique ou gouache, convient effectivement peu  à son tempérament impatient et spontané. En une après-midi de travail, elle réalise fréquemment deux voire trois œuvres.

Pascale Vincke travaille essentiellement à partir de photographies dénichées dans les magazines féminins et revues de mode. Son thème de prédilection est le portrait féminin. Sa méthode est toujours similaire : peu lui importe le format de son support, elle implante sur celui-ci une ligne qui lui permet de délimiter l'espace qu'occupera sa représentation. Elle réalise tous ses pourtours au moyen d'un trait remarquable de spontanéité. Et, finalement, elle s'adonne au travail de la couleur. A l'origine, elle préfère dessiner sur un support coloré mais, petit à petit, elle se déshinibe et appréhende également la feuille blanche.

A l'inverse de ses modèles, des portraits de mannequins ou de stars codifiés et artificiels, le travail de Pascale Vincke nous touche par son humanité. Elle s'approprie ces modèles déshumanisés au moyen de quelques légers décalages, de quelques distorsions. Elle anime surtout chacun de ces visages d'une émotion singulière et leur confère une personnalité propre, entre autres, par la qualité particulière de leurs regards.

L'artiste bénéficie d'une reconnaissance internationale. Ainsi, bien que ne travaillant plus depuis plusieurs années, ses œuvres sont toujours présentées à l'occasion de nombreuses expositions individuelles et collectives tant en Belgique qu'à l'étranger. 

 

1988

Février : exposition personnelle, New Robert, Bruxelles.

Mars : exposition personnelle, Bouillon de Culture, Bruxelles.

Novembre : premier prix du concours Dow Corning (entreprise de silicone)

Décembre : exposition Félicienne Vanhove et Pascale Vincke, Maison des notaires, Bruxelles.

Exposition collective, commission des communautés européennes, Bruxelles.

 

1989

Avril : exposition collective, Babel 2000, halle de Schaerbeeck, Bruxelles.

Mai-juin : exposition collective, galerie Créahm, Liège

Septembre : exposition collective, centenaire de la Tour Eiffel, Paris. (Cat.)

Décembre : exposition collective, galerie Art en Marge, Bruxelles (cat.)

 

1990

Mai : exposition collective, Parcours d'artiste, Saint-Gilles

Juillet : exposition collective, chapelle de la Sorbonne, Paris

Octobre : exposition collective, Art et déchirure, Rouen (cat.)

Décembre : exposition collective, Abbaye du Rouge-Cloître, Bruxelles

 

1991

Mai : exposition collective, C.A.D., Liège

Juin : exposition collective, Planète couleur, Berlin

 

1994

Février-mars: exposition collective, Lelijke eendje, Anvers

Mars : exposition collective, centre culturel, Huy

Mai : exposition collective, Parcours d'artistes, Saint-Gilles

Septembre: exposition collective, Dix, place de l'Yser 10, Bruxelles

 

1995

Juin : exposition collective, Parcours d'artistes, Saint-Gilles

 

1996

Mai : exposition collective, Parcours d'artistes, Saint-Gilles

Mai-juin : exposition collective, Connexions particulières, MAMAC, org. Mad, Liège.

 

2000

23/06/ au 15/09 : exposition collective, Collections du Mad, Créahm Provence

 

2002

15/03 au 13/04 : exposition collective, Buiten-gewoon, Academie voor Beeldende Kunsten, Mol

20/03 au 22/03 : exposition collective, Les enjeux de la créativité, Dampremy

 

2003

30/04 au 04/05 : exposition collective, Europ'Art, Genève (Cat.)

06 au 27/09 : exposition collective, 20 ans du Créahm Bruxelles

 

2004

17/09 au 17/12 : exposition personnelle, AWIPH, Liège

 

2006

Édition d'une monographie par le musée d'Art Brut Contemporain - MADmusée (Liège)